Un derby fou, fou, fou
Au terme d’une rencontre de très haut-niveau, La Romagne et la Vaillante d’Angers se sont quittées sur un match nul plutôt logique.
Placer la commune de La Romagne sur une carte relève pour les non-initiés de la mission impossible. Située à une dizaine de kilomètres de Cholet, la bourgade des Mauges ne compte que 1700 habitants. Parmi eux, quatre pongistes professionnels qui font trembler la France depuis le début de la saison. Habituée à jouer le maintien depuis son arrivée dans l’élite voilà quatre saisons, La Romagne se découvre cette année des ambitions au point d’occuper après six journées le fauteuil de leader.
Pour le garder et compromettre encore plus le maintien en Pro A du voisin angevin, la donne était simple pour les joueurs de Cyril Ciaudo, il fallait remporter le derby, chose qu’ils n’ont jamais été capables de faire depuis 2007.
Pour eux, la partie ne débutait pas de la meilleure des manières. Le numéro un vaillantais, Panos Gionis parvenait à se défaire, non sans mal, du Chinois Tian Yuan Chen (2-3). Comme il en a la fâcheuse habitude cette saison, le Grec, peu inquiété dans les deux premières manches, subissait dans les suivantes mais finissait par l’emporter.
Une nouvelle fois préféré à Josef Simoncik, Benjamin Brossier démarrait ensuite péniblement son match face à Armand Phung. Mené 2-0 et malgré quelques frayeurs dans le troisième set, il parvenait quand même à revenir à 2-2. Il débutait parfaitement bien le dernier set (3-7) et se voyait même offrir une balle de match (9-10) qu’il ne parvenait pas à concrétiser. Au contraire, Armand Phung rattrapait son retard et offrait un deuxième point à son équipe.
A l’image de deux premières, la troisième partie était à couteaux tirés. Face à la recrue romagnonne de l’été, Abdel Kader Salifou, Michel Martinez ratait ses deux premiers sets mais s’imposait assez aisément dans les deux suivants. La belle lui était pourtant défavorable. Déjà doublement battu lors de la sixième journée face à Saint-Maur, l’Angevin s’inclinait de nouveau et compromettait très sérieusement les chances de victoires des siens.
Michel Martinez sauve les siens
D’autant qu’il n’y eut pas de miracles dans le quatrième match. Après avoir bien résisté dans les deux premiers sets, Benjamin Brossier craquait logiquement face à Tian Yuan Chen, un joueur qui cette saison comme la précédente ne connaît que très rarement la défaite en championnat.
Au pied du mur, la Vaillante voyait ses ambitions de victoire s’envoler. Panos Gionis était tout désigné pour entretenir l’espoir d’un match nul. En difficulté dans la première manche face à Abdel Kader Salifou, le Grec se ressaisissait et remportait les deux suivantes. Epoustouflant, le quatrième set, ponctué de quelques magnifiques échanges, voyait Salifou s’imposer . A l’expérience, l’Angevin s’offrait pourtant la belle sur un service manqué de son adversaire.
Battu lors de son premier match, Michel Martinez avait la lourde tâche d’offrir à son équipe les deux points du match nul. Il y parvenait très péniblement certes mais là n’était pas l’essentiel pour la capitaine vaillantais David Pilard qui retrouve semaines après semaines le sourire.
« C’est un match nul qui équivaut à une victoire. Quand on joue le maintien, venir accrocher le leader est un bon résultat. On est content, on commence à retrouver une équipe. C’est de bon augure pour la suite. » Nettement plus amer, son homologue romagnon reconnaissait tout de même que le score de parité n’était « pas illogique » mais que son équipe « avait les armes pour gagner ».
Au terme de cette rencontre époustouflante qui aura duré plus de quatre heures et où cinq des six matches se seront joués en cinq manches (une rareté !), il n’y eut finalement qu’un seul vainqueur : le tennis de table. « Quel combat ! » clamait Cyril Ciaudo. « Ça a été un match complètement dingue, on n’avait jamais vu un derby à ce niveau-là. C’est une très bonne pub pour notre sport », ajoutait David Pilard qui avait décidemment toutes les raisons de sourire.
Guillaume LEROUX.
PRO A (7e journée) : LA ROMAGNE – ANGERS VAILLANTE 3-3
0-1 : Panagiotis Gionis (n°6) bat Tian Yuan Chen (n°8) 3-2 (11-5, 11-4, 6-11, 7-11, 12-10) ; 1-1 : Armand Phung (n°29) bat Benjamin Brossier (n°78) 3-2 (12-10, 11-8, 9-11, 9-11, 12-10) ; 2-1 : Abdel Kader Salifou (n°36) bat Michel Martinez (n°15) 3-2 (11-7, 11-9, 7-11, 5-11, 11-7) ; 3-1 : Tian Yuan Chen bat Benjamin Brossier 3-0 (11-8, 11-8, 11-3) ; 3-2 : Panagiotis Gionis bat Abdel Kader Salifou (10-12, 12-10, 11-7, 7-11, 11-8) ; 3-3 : Michel Martinez bat Armand Phung 3-2 (11-4, 9-11, 8-11, 11-5, 11-9).
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