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Vedette au pays, anonyme à Angers

Jeudi 08 Décembre 2011
Elie Motabazi a longtemps porté le maillot de la sélection rwandaise avant de laisser sa place dans l'équipe à son propre frère. Photo sport-actu.
Elie Motabazi a longtemps porté le maillot de la sélection rwandaise avant de laisser sa place dans l'équipe à son propre frère. Photo sport-actu.

A 31 ans, Elie Motabazi dispute sa quatrième saison sous les couleurs du Sco volley. Originaire du Rwanda, il a tout gagné dans son pays avant de rejoindre l’Anjou.

A la fin de l’été dernier, Elie Motabazi aurait dû participer aux 10e Jeux Africains à Maputo au Mozambique. Il avait d’ailleurs grandement contribué à la qualification de sa sélection pour cette grande manifestation. Mais le joueur rwandais a fait un autre choix, celui de prendre sa retraite internationale après douze ans de bons et loyaux services. Pour une raison simple et noble à la fois. « Deux de mes frères jouent aussi en sélection avec moi. Le plus jeune Bony a 18 ans et est le deuxième passeur de l’équipe juste derrière moi. Dès que je joue, il est remplaçant. Je voulais lui donner l’occasion de jouer plus souvent alors j’ai décidé de ne plus venir en sélection. Maintenant, il joue et il joue bien. »
Trop humble pour dire pourquoi il quittait la sélection, il a, au pays, prétexté une histoire de primes qui ne lui avait pas été versé pour dire stop.

Au Rwanda, sa décision a, cet été, fait beaucoup du bruit car le passeur du Sco Volley n’est pas le premier venu. Sélectionné depuis 1999, il a participé à dix coupes d’Afrique des Nations,  à deux Jeux Africains (1999 et 2003) et aux Universiades 2001. A son palmarès également tout ce que le Rwanda compte de compétitions nationales et internationales dont sept titres de champions de Rwanda.
Ces récompenses se révèleraient assez farfelues si le Rwanda n’était pas la cinquième meilleure nation de volley en Afrique. Dans ce petit pays d’Afrique de l’Est dévasté par un conflit ethnique au début des années 90, le volley fait partie des trois disciplines les plus populaires « derrière le foot mais devant le basket » ajoute Elie Motabazi, venu à ce sport un peu par hasard.
 

Une fratrie de volleyeurs

Le numéro 11 du Sco est un des pilliers de l'équipe de Jérôme Léger qui vient d'enregistrer deux victoires consécutives. Photo sport-actu.

« Quand j’étais jeune, avec ma famille, nous habitions à 50 mètres d’une salle de volley. L’équipe de notre ville évoluait en deuxième division. Le dimanche, nous allions là-bas pour ramasser les ballons et discuter avec les joueurs. Nous y passions toute l’après-midi. Il y avait trois internationaux dans l’équipe, ça nous motivait. »
Son père, ancien volleyeur amateur lors de ses études en Belgique, encourage alors ses enfants à l’imiter. Sur les dix, seuls deux dériveront et s’orienteront vers le basket. Elie, lui, a trouvé sa voie. Grand garçon, il bénéficie en plus d’une pénurie de passeur au pays. « Mon frère me disait qu’avec ma taille, je pourrai faire un bon passeur. Je lui ai fait confiance. »

La suite de sa carrière donnera raison à son frère. International à 19 ans, Elie Motabazi parvient à concilier jusqu’en 2006 ses études avec son activité de volleyeur. Lors des deux années suivantes, il se voit offrir par son université un travail qu’il cumule avec un contrat professionnel. « Je gagnais six fois plus d’argent que pendant mes années universitaires. »
En 2008, il est contraint de quitter le Rwanda pour poursuivre ses études. Il rejoint alors la France et un de ses frères, étudiant à l’université catholique de l’Ouest à Angers. « Je me disais que la France était un beau pays, développé et que j’allais pouvoir y apprendre le Français. »
Il signe de suite une licence au Sco. Il n’a, depuis plus quitté Angers, sauf pour un stage de six mois qu’il a effectué l’année dernière au conseil social du Rwanda.

Etudiant en deuxième année de Master management des systèmes d’information en santé, le Rwandais en aura terminé avec ses études en juin. Après, il envisage de trouver du travail en France ou de retourner au Rwanda pour « participer au développement de son pays ».

Avant cela, il aimerait assurer un maintien facile en Nationale 3 au Sco volley. « Ça va aller, assure-t-il. Nous avons une bonne équipe, un bon entraîneur et nous sommes motivés. On n’a pas eu de chances en début de saison mais ça va tourner. On sera cinquième ou sixième à la fin de la saison. » Il ne lui restera alors plus qu’à maintenir l’équipe pré-nationale du Sco qu’il entraîne, à un niveau qu’elle découvre cette saison et il pourra terminer la saison, et peut-être sa carrière angevine, avec le sentiment du devoir accompli.

 

Guillaume LEROUX.

Rubrique :

Tags : Volley-ball ; Nationale 3 Rwanda ; Angers Sco ; Elie Motabazi

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De Lamine Top - à 19:59 le 09/12/2011
Ah félicitations.C'est un honneur pour le long parcours que tu as fait pour pouvoir arriver là.Bonne continuation dans ta carrière professionnelle.
De hamanou - à 13:29 le 13/12/2011
bravo Elie!

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